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Etre accueilli(e) dans ce monde 


Me voila de retour du Canada et plus spécifiquement du Quebec ! Après une série de stages, tous plus intenses et chouettes les uns que les autres… 
Le dernier concernait les pistes de sagesse proposées par l’ayurveda en matière de conception, de grossesse, d’accouchement et de maternité. 
J’ai pris une nouvelle fois conscience, encore plus profondément que d’habitude, combien la plupart d’entre nous ont été si peu et si mal accueillis en ce monde. 

Comme les gestes hygiéniques et les pratiques cliniques de notre univers hyper-médicalisé rendent brutale l’arrivée sur terre ! 
Pourquoi séparer un nourrisson de sa maman alors qu’il vient de vivre 9 mois au plus intime d’elle. Quelle urgence à peser, mesurer, nettoyer ? 
Un énorme choc, pour le bébé mais aussi pour la maman (en ayurveda, pour ceux qui connaissent les doshas , ça se traduit par une augmentation de Vata Vata Humeur biologique de l’air  ! )

Car ce tout petit, tout fragile, tout nouveau, a besoin de la chaleur, de la tendresse, de la voix, de la peau, de l’odeur et des battements de coeur de sa maman. 
Laquelle a tout autant besoin de garder son tout petit contre elle. 
Et au cours des jours et surtout des semaines suivant notre naissance, combien d’entre nous ont été placés dans des chambres vides d’autre battement de coeur, d’autre respiration, sans sentir la chaleur d’une présence rassurante. 
Ces carences d’accueil, de délicatesse et de douceur, dès les premières secondes de notre arrivée, laissent des traces profondes de détresse, de peur et de lutte pour la survie. 
Nous avons peut être tout oublié de notre naissance mais selon les conditions qui l’entouraient se sont inscrites en nous, dans nos cellules, des peurs ou des joies, le sentiment de devoir lutter pour survivre ou d’être à l’aise dans la vie, une tension ou une fluidité, le sentiment d’être une merveille ou non… 
Pas étonnant que l’anxiété, les angoisses, les dépressions, les sentiments d’isolement, de séparation, d’incompréhension soient aussi répandus… et qu’ils génèrent de telles difficultés psychologique mais aussi physiologiques. 
Il nous faudra souvent des années de cheminement - et de malaise - pour retrouver un peu de cette confiance profonde en la vie qui est pourtant notre héritage naturel. 
Tant de maltraitances par manque de conscience ! Notre ignorance du Vivant nous égare .. ! 
Par exemple, pourquoi couper le cordon sans attendre qu’il cesse de pulser ? Si la nature a prévu cela, c’est qu’il y a une utilité, notamment de continuer d’alimenter en sang le bébé et de faciliter ses premières respirations. Du reste les études cliniques conduites suite aux propositions du Dr Leboyer et de ses pairs « pour une naissance sans violence » indiquent que les bébés pour lesquels on a attendu pour couper le cordon ont de bien meilleurs acquis moteurs et intellectuels - 
Les équipes hospitalières, usées par la répétition, focalisées sur la technique, peu formées sur les plans plus subtils, se cantonnent par nécessité dans une sphère médicale et zappent le caractère sacré de la naissance et de la Vie. Et bien souvent, la naissance et le nouveau né n’ont pas pu être célébrés comme le véritable miracle, la merveille qu’ils sont. Cette incompréhension profonde du vivant, quel dommage ! 

Nous pourrions continuer la litanie des petites et grandes maltraitances mais la vraie question est que faire de tout ça ici et maintenant ? 
Aujourd’hui 20, 30, 50, 60, 70 ans etc…se sont écoulés depuis le jour de notre naissance, … mais il n’est pas trop tard. Au contraire. C’est le bon moment. Il est temps. 
Soyons très doux et très accueillant avec nous mêmes. Soyons indulgents. Déployons des trésors de délicatesse, de compréhension et de gentillesse. 
Accueillons nous pleinement comme nous n’avons pas pu l’être alors, accueillons nous aujourd’hui avec tendresse et douceur, avec compassion. 
Non, nous ne sommes pas des êtres imparfaits qu’il s’agirait de faire progresser, d’améliorer… Nous sommes des ex-nourrissons, brusqués, secoués, séparés, et qui font ce qu’ils peuvent, comme ils peuvent, du mieux qu’ils peuvent. 
Au coeur de la dureté que nous avons érigé pour survivre et protéger nos parts sensibles, trouvons un peu de clémence et de bienveillance pour ce petit nourrisson innocent que nous avons été et pour l’adulte que nous sommes devenu(e).
Prenons le temps de nous accueillir, avec nos malaises et nos peurs, avec nos exigences et nos limites, comme nous aurions eu besoin de l’être à notre arrivée, 
Prenons le temps d’écouter nos besoins, donnons nous l’autorisation d’y répondre. Vraiment. Il n’y a pas de plus grande nécessité ni de plus grande urgence. 
Prenons aussi le temps de nous honorer, de nous reconnaître comme la merveille venue au monde il y a quelques temps déjà et qui marche sur cette terre. 
Prenons le temps de célébrer cette naissance et cette existence qui sont les nôtres, singulières… 
Nous pourrons désormais entendre la voix de la vie qui murmure en nous «  je t’aime et je prends soin de toi » 

Bien à vous 

Eveline Mathelet 
Présidente d’Ayurveda en France 





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