LA chronique d'Eveline Mathelet  sur  ayurveda france
Une célébration sous le signe de l’Ayurvéda : le pongal

Tout au début de mes études en Ayurvéda, lorsque nous avons entamé le chapitre « alimentation » dans lequel étaient listées toutes les règles de bonne conduite Ayurvédique dans la cuisine et à table, une terrible question me taraudait…
J’avais cru voir passer de ça et là des recettes succulentes à base de riz, de lait crémeux, d’épices, de noix, de lait et de sucre de coco à faire saliver un Yogi dans sa grotte…

Mais voilà, les desserts sont INTERDITS en Ayurvéda… car qui diable saurait terminer un repas aux six saveurs par la saveur douce et la lourdeur d’un mets crémeux ?? Voilà un crime méritant châtiment !
Je prends donc mon courage à deux mains et avec beaucoup de prudence, j’interroge mon professeur : « mais alors Oh Cher Maître (il fallait le prendre avec des pincettes), si les desserts sont superflus et lourds à digérer, alors à quel moment pourrons-nous donc savourer ces mets doux et onctueux que nous voyons ça et là dans les livres de cuisine Ayurvédique ? ».
Il prit un air sérieux et sa réponse fut sans appel : JAMAIS !!!
Alors que je regrettais ma question et me demandais si ma vie allait devenir une succession de privations, il éclata d’un grand rire et je compris à ce moment-là que rien n’est interdit en Ayurvéda - il nous est seulement demandé de faire preuve de bon sens.
Noël ne serait pas Noël sans un peu de douceur et je vous ai donc concocté un plat cérémonial de l’Inde du Sud, qui peut se manger sucré ou salé, et qui est servi lors des Pujas (cérémonies religieuses de l’Hindouisme) et des festivals de temples qui sont très nombreux. Les indiens ayant un goût démesuré pour les aliments sucrés, je réduis la quantité afin que les autres saveurs puissent s’exprimer plus librement.
Ce PONGAL est à base des deux ingrédients clefs du Kitchari, plat Ayurvédique par excellence à base de mung dhal (haricots mungo dépelliculés) et de riz, mais nous utilisons pour cette recette du riz rond pour que la texture soit plus compacte et crémeuse.
Les haricots mungo (mung dhal) se trouvent dans les épiceries indiennes mais ils peuvent tout à fait être remplacés par des lentilles corail.
Cette préparation est servie à la fin des cérémonies, parfois directement dans notre main, parfois sur un petit morceau de feuille de bananier ou bien une petite coupelle en feuilles séchées… traditionnellement il est destiné à être offert aux déesses LAKSHMI, incarnation de la beauté féminine qui représente la prospérité et la richesse matérielle et spirituelle et DURGA qui symbolise la puissance de SHIVA et la victoire du bien sur le mal. Lorsqu’elles auront savouré leur part, les mortels pourront goûter la leur.

Ingrédients pour 4 ou 6 personnes :
1/2 verre à moutarde de lentilles mungo ou bien lentilles corail
1 verre de riz rond blanc ou demi complet
3 ou 4 cuillers à soupe de sucre, de préférence sucre de coco ou complet, en Inde ce plat se mange beaucoup plus sucré, mais je trouve personnellement qu’il gagne à l’être moins.
1 cuiller a café de cardamome en poudre ou bien 5 graines décortiquées
2 clous de girofle écrasés
Quelques raisins secs et noix de cajou
3 cuillers à soupe de ghee Ghee Beurre clarifié (le ghee Ghee Beurre clarifié est très important si l’on veut que cette recette soit authentique, mais si on n’en a pas alors du beurre ou de l’huile de coco feront l’affaire).
3 verres d’eau ou un mélange lait/eau
1 pincée de sel.

Méthode :
Torréfier les lentilles quelques instants (3 ou 4 minutes environ) à feu doux jusqu’à ce qu’elles deviennent légèrement dorées et qu’il s’en dégage un arôme de noisette, ne pas trop brunir.
Dans la même casserole, ajouter le riz et laver les lentilles et le riz avec de l’eau froide jusqu’à ce que l’eau devienne claire.
Ajouter la pincée de sel, la cardamome et les clous de girofle et l’eau ou le mélange lait/eau et faire cuire 20 minutes environ jusqu’à ce que le mélange soit très bien cuit.
Pendant ce temps, faire un sirop avec le sucre et un peu d’eau, que vous ajouterez en fin de cuisson du riz en écrasant un peu le mélange pour le rendre bien pâteux.
Faire fondre le ghee ou le beurre dans un casserole à fond épais et faire revenir les noix de cajou jusqu’à ce qu’elles soient un peu dorées, rajouter les raisins secs pour qu’ils gonflent.
Servir en parsemant les noix et les raisins dans le ghee sur le riz.

> Vanessa Georghiu, Educatrice de santé selon l’ayurveda, membre d’AEF