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De l’ivresse des fleurs...


Moi aussi, je me suis allongée sous le lilas de mon jardin et je me suis laissée enivrer par son odeur que la chaleur intensifiait, les yeux errant sur les petites assemblées étonnées de pensées nouvelles dressées au-dessus du lamier finissant, émergeant des salves de graines de cardamine qu’un effleurement du vent fait jaillir, à applaudir la danse toujours renouvelée des éphémères, le corps légèrement enfoncé dans la terre moelleuse et fraîche, enroulée dans l’atmosphère parfumée, au fait de l’ouverture printanière de tous mes sens, à ce moment où on sent l’humidité arriver, la lourdeur du retour à la fraîcheur, et déjà une nostalgie de l’instant passé si intense, comme un petit automne qui ouvre les éventails du coeur et le gonfle de tendresse humide et fraîche comme un baiser. Le vin de lilas de l’année dernière a mûri sa douceur, il est prêt à être dégusté.


Pissenlit prêt à libérer ses nacelles au vent

C’est le moment de compter un autre temps sous le cerisier à l’odeur d’amande, au fil des pétales qui parsèment peu à peu le corps comme une neige, de regarder les cirrus élégants à travers les branches, de se retourner pour surprendre le déploiement des nacelles d’un pissenlit juste après notre passage, d’allumer son âme au miroitement plein de promesses de l’eau, ou à cette lumière nouvelle dans les yeux des amis et des passants, contagieuse comme un embrasement. A ce moment, qu’importe que je sois le bourgeon qui perce sa gangue, l’oiseau qui déploie ses ailes au vent, le passant, le mouvement de la rivière... Quelque chose s’est rompu comme une digue. Je suis le parfum du peuplier, le jeune homme sur son vélo, le héron qui chasse, la guirlande de poussins du saule, la fleur qui laisse place au fruit, les notes de ma chanson, l’atmosphère caressante et légèrement brumeuse...Tout s’unit dans un même élan vers la manifestation.
Aussi, chaque matin, je me lance dans les accumulations de salutations au soleil, une petite course dans la nature, une danse joyeuse dans ma maison... assez d’activité physique et de transpiration pour accompagner les accouchements et les résurrections de la nature, et me garder des cahots et des éblouissements.

Fleurs de glycine

Bien sûr, j’ai à la fois faim et très peu d’appétit. La multiplicité des parfums, des couleurs, des reflets, des textures... me comble, même si la promeneuse conserve un solide appétit, étanché par une salade sauvage d’herbes et de fleurs, un riz au lait, une soupette, des tartines de pesto, un pain de graines germées aux fruits secs... tout ce qui croque, craque et croustille, ce qui pétille de vie en devenir, ce qui se manifeste avec force sans qu’on ait veillé dessus, et les saveurs piquantes, aromatiques, amères et astringentes...

Si l’embrasement retarde le sommeil, la douche des chevilles (padadhara) ramène à la terre, ce rituel du lavement des pieds si apaisant par son humilité, sa simplicité et sa lenteur : au-dessus d’une bassine, on presse une éponge alternativement au-dessus de chaque cheville de l’embra(s)sé(e), pendant le temps qu’il faut à un bienheureux relâchement des tensions, celles de la joie qui porte hors de soi, de la fièvre, du stress, des paroles empoisonnées, de la chimiothérapie... Cela demande de quelques minutes à parfois quelques heures... On peut aussi marcher dans l’herbe tendre, ou masser les pieds au beurre clarifié.
Si les yeux se sont brûlés à la multiplicité, si on s’est exposé au soleil, de l’eau fraîche sur le sommet de la tête, une boisson à l’eau de rose, voire le thandaï que l’on sert lors des fêtes de Holi en Inde, quand les rires, les désirs et les courses effrénées de la célébration du printemps reprennent force et humanité avec un verre de lait safrané.


Iris ensauvagé

Texte et photos : Florence Pomana
Blog : blog.leparadis7ici.org
Site : www.latabledemelusine.fr





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